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EMISSION SUR ARTE EN 1996

 

Voici quelques dépeches de l'emission diffusés sur ARTE (janvier 1996):

Boy George

Boy George fait son grand retour, ou du moins il essaie. Il aborde, non sans nostalgie, le temps de Culture Club, l'un des groupes phares des années 80.

Boy George redécouvre la folie des grandeurs.
Bien sûr, Boy George a un peu changé, il a pris quelques rides et quelques kilos mais ses fans aussi.

Boy George
Je me suis toujours considéré comme le saint patron des marginaux, je crois que c'est pour cela qu'on m'aime. On n'est pas des Adonis, on n'est pas parfait, on est un peu des monstres. Il y a des tas de gens qui ressentent la même chose, des tas de gens qui ne s'intègrent pas vraiment et qui se reconnaissent en nous.

Culture Club, groupe classé dans la catégorie New Romantic, rencontre la gloire grâce au morceau Karma Chameleon, une chanson qui évoque l'amour véritable mais longtemps gardé secret entre Boy George et son batteur Jon Moss.

Si l'ascension est rapide, la chute sera abrupte et précipitée. L'album The War Song, qui s'est pourtant bien vendu, est une véritable horreur d'un point de vue musical. En 1986, le groupe se sépare et la presse commence à s'intéresser à la toxicomanie de plus en plus galopante de Boy George.

Boy George
Notre troisième album a été une vraie catastrophe. On en était arrivé au point où la musique était secondaire, ce qui comptait, c'était la vie de star que nous menions. Au milieu des années quatre-vingt, on a complètement perdu les pédales. On voyageait sans cesse, on enchaînait les tournées, les interviews, les émissions de radio et de télé. La musique n'était plus qu'un prétexte, voilà pourquoi tout a foiré.

L'histoire musicale de Culture Club tient en peu de mots. Mais ce dont tout le monde se souviendra, c'est de ce bonhomme au look aussi extravagant que recherché. T-shirt délirant, dreadlocks entremêlés et déhanchement de gazelle un peu fofolle.

En 1982, une seul apparition télévisée de Boy George suffit en effet à plonger le monde hétéro et bien pensant dans des abîmes de perplexité. Un quotidien anglais titre " Est-ce un oiseau ? Est-ce un homme ? Non, c'est Boy George. " Les raisons de cette mise en scène sont pourtant évidentes.

Boy George
Si je me déguisais en travesti, ce n'était pas pour ressembler à une femme, je trouvais que cela me rendait plus exotique.
J'ai toujours trouvé que j'avais un visage assez banal. J'ai d'abord commencé par me maquiller, puis à me transformer et c'est resté. En grandissant, j'ai rencontré de plus en plus de gens qui en faisaient autant. Des gens qui ne s'identifiaient pas à leur environnement petit bourgeois.

Mais le ridicule ne tue pas et Boy George apporte de l'eau au moulin des travestis du monde entier. Il ne contente pas de clamer haut et fort son homosexualité, il agit.

Au musicien de rock Kirk Brandon qui nie farouchement avoir eu une liaison avec lui, il intente, et gagne, un procès, ruinant au passage le mariage de son ex-amant. Boy George ne mâche pas ses mots et à l'en croire, il est loin d'être le seul travesti du royaume d'Angleterre.

Boy George
Quand on passe en revue l'histoire d'Angleterre, nos rois, nos reines, nos juges, nos prêtres, on voit qu'il y a chez nous une véritable tradition du travesti, comme en Inde ou au Japon. Dans le théâtre Kabuki, tous les rôles de femmes sont exclusivement joués par des hommes. En Inde, avant l'influence de l'Occident, il y avait des eunuques, qui étaient considérés comme des êtres sacrés.

Saluons donc le come-back de Boy George, avec CHEAPNESS & BEAUTY dont l'album pourtant couronné par la profession n'a hélas pas trouvé son public.
On ne s'en fait pas pour lui. Il retrouvera vite son public, car les marginaux en quête d'identification, ce n'est vraiment pas ce qui manque.

 

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