Quel point commun entre Shaggy, UB 4O et Boy George? Ils ont tous repris les
hits de Ken Boothe. A 56 ans, Mr Rocksteady reste le roi des
lovers.
Un peu de tendresse dans un monde de brutes... C'est toute
l'histoire de Ken Boothe. Grandi à Kingston, dans le ghetto de Denham Town, il
s'initie à la musique grâce à sa mère qui chante à l'église et à sa sur qui
joue dans une troupe musicale. A la fin des années 50, Ken traîne dans le
quartier de Back-a-wall, devenu aujourd'hui Tivoli Gardens. Il y rencontre les
légendes du ska et forme un duo avec le chanteur Stranger Cole. A 14 ans, ses
talents vocaux le font passer dans la cour des grands.
Repéré par le
producteur Duke Reid puis récupéré par son concurrent le patron de Studio One,
Clement "Coxsone" Dodd, Ken enregistre ses premiers hits. Son backing-band
s'appelle les Skatalites. Sa voix colle parfaitement à un genre considéré comme
l'âge d'or de la musique jamaïcaine: le Rocksteady. Entre 66 et 68, toute l'île
danse sur cette soul tendre et positive. On compare alors Ken à Otis Redding. En
74, en Angleterre, son tube "Everything I own" explose au sommet des charts.
Plus dure sera la chute. Alors que ce premier hit aurait pu lui permettre de
devenir une star internationale, à Londres cette année-là, son label anglais
Trojan fait faillite. Pour Ken, c'est la descente aux enfers de la
dope.
En 40 ans de carrière, Ken Boothe n'était jamais venu à Paris. Au
Cabaret Sauvage, comme pour conjurer le sort, Ken le Maudit a fait salle
comble.